Le CIFOEB en collaboration avec les membres de l’initiative citoyenne MESSIS a organisé une rencontre d’échanges sur les effets de la crise sécuritaire sur l’offre de service public local et la cohésion sociale dénommée « causeries locales sur la sécurité et la cohésion sociale (CAUSES-LOCALES) . Ces causeries se sont tenues du 11 au 19 février 2026 dans les localités de Fada N’Gourma, Dédougou, Koupéla, Koudougou, Kaya et Ouahigouya. Ces cadres se veulent une instance de dialogue multi-acteurs mais également un cadre de renforcement des relations civilo-militaires.

Dre DAO Aïda, chargée des études du CIFOEB explique les objectifs des causes-locales
Comme à la première édition, les causeries locales ont impliqué les services techniques déconcentrés de l’Etat (agriculture, observatoire régional de prévention et de gestion des conflits communautaires), les membres du MESSIS, les forces de défense et de sécurité (police nationale, gendarmerie nationale, les eaux et forêts), les OSC (organisations de jeunes et de femmes, les autorités régionales (mairies), les médias locaux et la chefferie coutumière.
L’objectif recherché à travers ces rencontres est de créer et de maintenir un dialogue social sur les causes locales afin de consolider les acquis en matière de sécurité et renforcer la cohésion sociale afin de parvenir à une paix durable. Spécifiquement, Dre DAO Aïda précise « cette activité vise surtout à renforcer les relations civilo-militaires (…) et présenter de façon concrète comment l’insécurité a affecté les différents services publics et comment les différents acteurs ont fait la résilience et quelles peuvent être les propositions de recommandations pour pourvoir améliorer la situation surtout que nous sommes dans un contexte de sécurité humaine et nous sommes tous conscients que la crise sécuritaire ne saurait être l’apanage des seules institutions sécuritaires ; nous devons tous contribuer ».
Lire le reportage sur les causes-locales à Kaya FASOVEIL: le CIFOEB tient la 2e édition des causeries locales – YouTube
Plusieurs communications ont été faites abordant les questions de :
- Gestion de l’état civil et gouvernance locale face à l’insécurité ;
- Défis liés au foncier et à l’agriculture ;
- Gestion des ressources naturelles et protection de l’environnement en contexte d’insécurité ;
- Conflits fonciers et leurs effets sur la cohésion sociale ;
- Relations civilo-militaires et participation citoyenne à la coproduction de la sécurité.

Séko SO, conseiller technique en charge de la prévention et la gestion des conflits de la région du Goulmou
Ces causeries locales ont été des moments forts riches en informations et également en recommandations. A ce titre Séko SO, conseiller technique en charge de la prévention et la gestion des conflits de la région du Goulmou témoigne en ces termes : « Franchement nous avons assisté à une séance d’échanges et de de travail très intéressant. En si peu de temps vous avez constaté, vous avez vu les informations que nous avons pu passer. Il y a eu le lièvre qui a été levé (…) c’est tout l’intérêt de ces genres de cadre de concertation. Donc c’est pour vous dire qu’on a fait des plaidoyers, Dieu merci vous avez dit que ça sera rendu à qui de droit, c’est en cela que nous pourrons ensemble atteindre nos objectifs. ». Il salue également la dimension locale de ces causeries en rappelant que « c’est vrai qu’il y a une vision générale au niveau de l’Etat central mais il faut en même temps reconnaitre qu’au niveau régional il y’a des spécificités que s’y on n’en tient pas compte peuvent être un goulot d’étranglement pour atteindre l’objectif général ».

Causes-locales, acte 2; Koupéla

Causes-locales acte 2; Ouahigouya
L’un des résultat clé de ce cadre créé par le CIFOEB a été aussi de lever les obstacles à la collaboration entre FDS et civils en ces temps de crise sécuritaire que traverse le Burkina Faso. « Certaines personnes avaient du mal à prendre la parole en présence des FDS mais cette activité a permis de rompre cette barrière. On a vu des gens qui ont pu s’exprimer aisément et nous croyons que de part cette activité ces personnes la pourraient relayer cette information comme quoi il n’y a pas de barrières entre civils et militaires, nous sommes tous frères, nous sommes dans le même bateau, c’est le même Burkina et nous devons travailler ensemble pour que les choses marchent de la plus belle des manières. » a laissé entendre un membre des Forces de défense et de sécurité.

Causes locales acte 2; Kaya
Tous s’accordent pour dire que l’initiative doit se poursuivre. « Il faut perpétuer cette action, cela permet aux différents acteurs d’échanger sur ces thématiques parce qu’il y a plusieurs FDS, OSC, population civile tous concourent à la réalisation pour produire la paix » résume Ismaël SAWADOGO, Conseiller en droits humains à la Direction régionale en charge des Droits Humains de la promotion de la citoyenneté de la paix de la région de Yadéga.
Après ces deux (02) éditions réussies, cette initiative confirme son rôle de cadre de concertation multi-acteurs de suivi des politiques sécuritaires et de promotion des relations civilo-militaires et d’une paix durable au Burkina Faso.
Ces causeries locales s’inscrivent dans le cadre du projet « Mobilisation citoyenne pour une gouvernance sécuritaire participative et inclusive au Burkina Faso » mis en œuvre par CIFOEB avec l’appui du projet FASOVEIL.







